VERT

Depuis 2018

Les gardiens de la mer

Ce reportage photographique retrace la mise en œuvre d’un programme scientifique marin sur les végétaux invasifs en mer Méditerranée. Il mélange le vert des végétaux aquatiques tel que la posidonie et le noir et blanc des actions pour sa conservation et de la vie marine locale.

Plastiques, algues envahissantes, nacre, posidonie sont fréquemment associés à la Méditerranée, un espace presque toujours menacé par l’action de l’homme, encore plus à l’heure de la saturation touristique. La mer souffre, mais elle a quelques alliés notables. Les scientifiques basés à Majorque sont toujours vigilants pour détecter les anomalies et tirer la sonnette d’alarme.

Fiona Tomas, scientifique de l’IMEDEA, a fait campagne sur Cabrera cette semaine en collectant des échantillons d’algues envahissantes, son domaine de recherche. L’introduction de l’Halimeda incrassata est particulièrement préoccupante. “C’est une espèce dangereuse. Il est capable d’étouffer la posidonie, qui est une espèce endémique de la Méditerranée. Elle est capable d’envelopper une nacre et de l’étouffer. Nous pensons qu’elle a une origine tropicale”, dit Fiona Tomas.

Une ancre ou une algue envahissante, qui d’entre elle est la plus nuisible à la posidonie ? “C’est différent. L’ancrage provoque un impact très fort et très local qui entraîne une mortalité immédiate très élevée. Avec les algues envahissantes, la mortalité est plus lente, mais l’impact est multiple. Ils vous affaiblissent et la capacité de récupération diminue beaucoup. Une ancre, au moins, nous pouvons la réguler”, dit la scientifique.

La mer a une connectivité extraordinaire. Les espèces qui passent par le canal de Suez depuis la mer Rouge peuvent finir par s’installer dans la mer des Baléares, avec des conséquences traumatisantes et irréversibles pour un écosystème aussi fragile que le milieu marin. “Le gros problème avec les espèces envahissantes, c’est qu’au moment où vous les détectez, elles se sont déjà établies. L’éradication est impossible, et elle est aussi très coûteuse”, déplore Fiona Tomas.

Le chercheur appelle à une plus grande sensibilisation du public. “Les gens doivent savoir que s’ils jettent l’ancre en Sicile, ils peuvent introduire un envahisseur dans le système lorsqu’ils reviennent à Majorque. C’est la prévention qui fait la différence”, prévient le chercheur, qui invite les gens à visiter le site ojoinvasoras.wordpress.com, un projet informatif qui propose des lignes directrices pour identifier ces algues et empêcher leur expansion.