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Depuis 2022

Les protecteurs du corail

Ce reportage photographique retrace la mise en œuvre d’un programme de protection des milieux marins en mer Méditerranée. Il mélange les couleurs du corail au noir et blanc de la vie marine locale.

Le programme SOS Corales. Alliance de deux ONG, Equilibrio Marino et Coral Guardian, pour créer l’une des premières pépinières de corail en Méditerranée pour restaurer et conserver une importante colonie de coraux oranges et chandellier (respectivement Astroides calycularis et Dendrophyllia ramea) menacée principalement par les déchets de l’industrie de la pêche et le tourisme.

Dans la station balnéaire espagnole d’Almuñécar, sur la côte de Grenade en Andalousie, une bande de terre s’avance dans la Méditerranée.

Dans les 120 hectares qui composent la zone spéciale de conservation de Punta de la Mona, on trouve des fonds marins à la fois rocheux et sablonneux qui présentent une grande biodiversité et des populations denses d’espèces menacées, selon les autorités régionales d’Andalousie. Parmi ces espèces figurent le corail orange (Astroides calycularis) et le corail candélabre (Dendrophyllia ramea). Ce dernier est rare sur cette côte. Il se développe généralement dans des zones isolées et à plus de 50 mètres de profondeur, mais ici, il vit à seulement 30 mètres de profondeur. Mais le manque de sensibilisation et de protection, combiné à l’impact de l’industrie de la pêche, a mis en danger ce précieux jardin sous-marin pendant des décennies. Aujourd’hui, le projet SOS Corales met en place l’une des premières pépinières de coraux en Méditerranée. L’idée est d’installer plusieurs structures sous-marines où les spécimens endommagés peuvent se rétablir et où des échantillons sains peuvent être ajoutés pour aider à repeupler la colonie.

Il est urgent que nous prenions soin de la mer : elle est source de vie, régulatrice du climat et absorbe de grandes quantités de dioxyde de carbone.

La qualité de l’eau, le système de relief sous-marin et les courants marins se sont combinés pour créer, dans cette partie de la côte, les conditions propices à une importante population de cette espèce – classée “vulnérable” sur la liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (ICUN). Plus important encore, elle constitue un écosystème qui abrite un grand nombre de poissons et d’invertébrés qui se nourrissent et se reproduisent dans cet environnement. Le poulpe, la dorade et l’étoile de mer font partie des dizaines d’espèces mentionnées dans une étude du Conseil national de la recherche espagnol (CSIC).

Une colonie de corail chandellier croit à peine d’un centimètre par an et les polypes du corail se nourrissent de plancton. Cela contraste avec son taux de détérioration accéléré. Comme l’explique Marina Palacios, coordinatrice de SOS Coraux : “Cette colonie qui compte des centaines de spécimens est en grave danger car elle est extrêmement vulnérable aux filets, hameçons, lignes, pièges et autres engins de pêche, qui étranglent, fragmentent et recouvrent les coraux, les tuant.” Comme de nombreux autres spécialistes, Marina Palacios prévient que le candélabre et d’autres espèces de coraux ont besoin d’une plus grande protection pour survivre dans une mer sur-pêchée et menacée par le changement climatique.

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